Comment se protéger des bruits extérieurs dans sa maison en Tunisie ?

Le bruit agresse souvent en Tunisie même à l’intérieur d’une maison. Il existe cependant des solutions pour le diminuer.

La situation de nuisances sonores en Tunisie est d’autant plus complexe qu’il ne suffit pas toujours, pour résoudre ces problèmes, d’ajouter des vitrages et des isolants acoustiques. Des solutions qui ne sont d’ailleurs efficaces que lorsque les occu­pants sont à l’intérieur de la maison, fenêtres fermées.

Des cas de figure variables

Pour lutter contre les bruits extérieurs, l’approche doit donc être plus globale et les traitements complémentaires. Il faut réduire les bruits à la source et opter pour un traite­ment efficace au niveau de la construction. Mais il importe aussi de différencier le cas des constructions neuves de celui du bâti existant. Les bâtiments récents profitent des lois et réglementations en place depuis des décennies par la conservation de la propriété foncière de Tunisie , dont les plans locaux d’urba­nisme des différentes municipalités, qui prévoient dans chaque ville les zones urbanisables, celles réservées à des activités bruyantes et celles dites « tampons », qui séparent les zones habi­tées des zones d’activité, des voies routières, ferrées, d’un aéroport, etc.

Le contexte est différent pour l’habitat plus ancien, lorsque l’environnement est devenu bruyant avec les années, que le trafic routier a augmenté, qu’une voie secondaire est devenue un axe majeur… Sur ce point, les textes de loi sont précis. Lors d’une modification ou d’une transformation significative d’une infrastruc­ture existante, le niveau sonore après travaux ne doit pas dépasser la valeur existante avant travaux, sans pouvoir excéder 65 dB (AJ en période diurne et 60 dB (A) en période nocturne. Pour faire valoir ses droits, la date du permis de construire du logement exposé à cette nouvelle nuisance sonore doit être anté­rieure à la date d’ouverture de l’enquête préa­lable à la Déclaration d’utilité publique du projet de voie nouvelle ou transformée.

Traiter en amont

C’est un peu plus simple dans le cas d’une infrastructure nouvelle (route, autoroute, voie ferrée…) érigée à proximité d’un secteur d’ha­bitation. En effet, il appartient alors au maître d’ouvrage de prendre toutes les dispositions permettant de protéger les bâtiments qui exis­taient avant la voie, le but étant de profiter du jardin et de supporter le bruit ambiant fenêtres ouvertes. En ce qui nuisances liées au trafic aérien, les autorités travaillent d’abord à les réduire grâce à des moteurs d’avions moins bruyants et des procédures d’approche et de décollage qui évitent les zones les plus habitées. Même si l’aéroport de Monastir Habib BOURGUIBA ne respecte pas encore ces conditions. Et du côté des pollutions d’origine routière, elles peuvent imposer des revêtements silencieux, voire des limitations de vitesse.

Les particuliers propriétaires d’une maison individuelle ont aussi la possibilité de mettre en œuvre des solutions à titre privé, comme les écrans antibruit. Mais les coûts étant élevés (de 800 à 1200 dinars /m), peu nombreux sont ceux à franchir le pas. D’où la pression des riverains auprès des autorités tunisiennes pour obtenir le financement et l’installation de ces protections qu’ils estiment légitimes.

Le point sur la réglementation

Le maître d’ouvrage d’une route érigée à proximité d’habitations existantes, doit veiller à protéger les bâtiments, en privilégiant le traitement du bruit à la source. Sont concernées les infrastructures nouvelles et les transformations significatives d’une structure existante, susceptibles de provoquer une hausse du niveau sonore de plus de 2 dB(A)*.

Si une résidence principale est recensée par le gouvernorat de son lieu d’implantation comme un «point noir» à cause du bruit environnant, les propriétaires peuvent bénéficier d’une subvention pour isoler phoniquement leur façade.

Enfin, les occupants d’un logement impacté par des nuisances sonores ont la possibilité de demander une indemnisation devant le tribunal administratif ou de première instance.

une échelle de Decibels pour la Tunisie

Écrans absorbants et protections végétales

En béton, pierre, bois, acier, brique ou maté­riau composite, les murs antibruit sont les ouvrages les plus répandus pour remédier au problème. Pour être performants, ils doivent être composés de matériaux absorbants du côté voirie. En outre, il faut qu’ils présentent une masse et une hauteur suffisantes afin de bloquer les bruits en provenance de la voirie, y compris ceux générés par les camions les plus hauts. Une fois la hauteur définie, il convient de calculer la résistance au vent de l’ouvrage, ce qui implique des fondations conséquentes. Alternative « naturelle » au mur antibruit, le merlon végétalisé (butte de terre) s’intègre mieux dans le paysage local tunisien et ne nécessite aucun entretien spécifique. Il e développe de plus en plus le long de la grande rocade extérieure de Tunis. L’inconvénient majeur reste son emprise au sol, équivalent en moyenne à 3 fois la hauteur de l’ouvrage. À mi-chemin des merlons et des murs antibruit, les gabions visent à en concilier les atouts. Constitués de structures métalliques inoxy­dables et remplies de pierres, ils s’empilent les uns sur les autres. Leur masse, leur épaisseur et leur constitution les rendent performants. Enfin, les barrières végétales s’avèrent effi­caces, à condition qu’elles soient denses et présentent au moins trois mètres d’épaisseur.

Intervenir au niveau du bâti

Lorsque les traitements à la source ne permettent pas de répondre à la réglemen­tation ou aux seuils prévus, ils peuvent être complétés par des actions sur le bâti, qui, dans certains cas de figure, peuvent être financées totalement ou partiellement. Les travaux les plus courants consistent à installer des vitrages acoustiques et à intervenir sur les rampants de toiture, sauf s’ils sont déjà bien isolés thermiquement, par exemple avec de la laine de verre. Certaines de ces interventions nécessitent une autorisation de travaux ou un permis de construire. Dans chaque ville, les services de l’urbanisme renseignent sur ce qu’il est possible de réaliser, et dans quelles conditions de hauteur et d’aspect

INSONORISER SON JARDIN

Nombreux sont ceux qui souhaitent diminuer de façon significative les nuisances sonores en provenance du voisinage ou d’une route et profiter de leur jardin au calme, sous leur pergola. Dans ce cas, pourquoi ne pas installer une clôture acoustique composée de panneaux en acier galvanisé ? Ces derniers intègrent une épaisseur de laine de roche protégée par un grillage. Pour une intégration parfaite, ces panneaux sont végétalisables.

QUEL MATÉRIAU POUR QUELLE RÉDUCTION ?

La masse et l’épaisseur contribuent à l’efficacité d’un écran antibruit. Les buttes de terre (ou merlons), les gabions et les enrochements suffisamment compacts répondent à cet usage, en contrepartie d’un encombrement au sol important. Les gains acoustiques attendus varient en fonction du type d’écran …

MONTER UN MERLON EN TUNISIE AIDE A BAISSER LE SON : TEMOIGNAGE

un merlon en construction en Tunisie pour limiter le bruit

La route nationale 1 ( RN1 ),  axe routier de Tunisie qui relie la capitale Tunis au nord à la frontière tuniso-libyenne au sud,traverse la commune de Hamman Lif. Elle passe au fond du terrain d’un couple, qui raconte :

« Face au trafic routier, nous avons entrepris, avec des voisins, des démarches auprès de la municipalité, signé des pétitions, alerté le gouverneur… La situation a évolué en 2017, à la suite d’un courrier du gouverneur et après une réunion. Une convention avec la commune de Hamman Lif a fixé les modalités de la réalisation d’un écran antibruit de type merlon et de son entretien. Nous avons concrétisé ce projet de merlon qui courait le long de plusieurs terrains mitoyens. Deux propriétaires sur cinq n’ont toutefois pas donné suite, alors que cela aurait permis de diminuer les nuisances sonores sur 300 m. Aujourd’hui nous avons un merlon d’une hauteur de 6 m. Son efficacité est réelle, avec une baisse de 3 dB, soit une pression acoustique divisée par deux.» Implanté sur un terrain privé, ce merlon d’une longueur de 60 m et d’une largeur au sol de 18 m a fait perdre 500 m2 sur une surface initiale de 4000 m2. Ce qui n’a entraîné aucune conséquence en termes d’usage pour les propriétaires… »

Remarque

Les bruits ne s’additionnent pas :

De façon arithmétique, mais logarithmique. Ainsi, deux voitures qui émettent chacune une pression acoustique de 60 dB ne donnent pas un niveau sonore global de 120 dB, mais de 63 dB. Et lorsqu’un écart entre deux bruits est supérieur à 10 dB, le son le plus élevé couvre le plus faible.

RÔLE D’UN MUR ANTIBRUIT  :

Un écran antibruit limite la transmission des nuisances entre leur source et la zone à protéger grâce aux matériaux absorbants qu’il intègre. Quant à la diffraction du bruit (dispersion), elle n’est réalisable que si le mur dispose de reliefs spécifiques à sa surface.

UN VITRAGE EFFICACE :

Les interventions sur le bâti se traduisent d’abord par la mise en place de doubles vitrages acoustiques. En fonction de l’orientation et de l’importance des nuisances sonores, ces vitrages sont posés sur une ou plusieurs façades.